Le nom de ce peuple provient d'un groupe d'autochtones vivant près de la
baie James et que les Français appelaient Kiristinons, nom qui s'est par
la suite transformé en Cri (épelé « Cree » en anglais). La plupart des
Cris n'utilisent ces noms que lorsqu'ils parlent ou écrivent en anglais
et en français et portent des noms propres à
leur
région. Ils occupent un territoire qui s'étend de l'Alberta jusqu'au
Québec, ce qui représente la plus vaste répartition géographique
autochtone du Canada.
Les Cris constituent le plus important groupe de la famille linguistique
algonquienne du Canada. Ils sont présents en Saskatchewan et au
Manitoba, bien que la majorité des Cris vivent en Ontario (plus de 13
000) et au Québec (plus de 12 000). Leur présence au Québec remonte au
tout début de l'occupation humaine du territoire québécois, où ils
exploitaient les ressources fauniques et halieutiques des côtes de la
Baie d'Hudson et de la Baie-James.
Ils forment de petits groupes de nomades se nourrissant principalement
de gibier (original, caribou, oie sauvage) et de poisson. Ces terres peu
fertiles, au climat rigoureux, ne se prêtent guère à l'agriculture. En
contrepartie, le gibier abonde et, à cause du froid intense, la fourrure
est d'une qualité exceptionnelle; elle a tôt fait d'attirer les
marchands européens en dépit de l'éloignement. Les premiers contacts
avec les Européens ont été établis dès 1610, lors des explorations
d'Henri Hudson.
Le commerce des fourrures prend alors son essor avec la fondation de la
Compagnie de la Baie d'Hudson qui obtient, en 1670, le monopole de ce
commerce sur un territoire de 13 millions de kilomètres carrés. Les
marchands français livrent toutefois une concurrence féroce aux Anglais:
ils s'installent en amont des grands cours d'eau et achètent les
fourrures avant qu'elles n'atteignent les postes de la Compagnie, situés
près de la côte. Cette lutte ne semble pas déranger les Cris, qui
traitent aussi bien avec les Anglais qu'avec les Français.
Histoire ancienne
Pendant environ 7 000 ans, les ancêtres des Cris sont éparpillés dans
presque toutes les régions boisées qu'ils habitent encore aujourd'hui. À
la suite du contact avec la COMPAGNIE DE LA BAIE D'HUDSON, certains Cris
des Marais vont vivre plus à l'ouest pour piéger dans de nouveaux
territoires bien que, selon plusieurs, ils se seraient installés dans
des régions déjà peuplées par les ancêtres des Cris des Bois et des Cris
des Plaines.
Traditions durables
Durant cette même période, un grand nombre de Cris continuent à vivre
dans la forêt boréale et la toundra dans le Nord, où la culture s'est
conservée remarquablement. À l'origine, ils vivent de chasse à
l'orignal, au caribou, au petit gibier, à l'oie et au canard ainsi que
de pêche. De plus, ils fument le poisson pour le conserver. Ils voyagent
en CANOT D'ÉCORCE pendant l'été, en RAQUETTES À NEIGE et en TOBOGGAN
pendant l'hiver. Ils vivent dans des huttes coniques ou en forme de dôme
recouvertes de peaux d'animaux. Ils fabriquent des outils de bois, d'os,
de cuir et de pierre. Pendant une période indéterminée, ils se livrent à
un commerce sporadique avec des peuplades vivant plus au sud et se
livrent plus tard au troc de fourrures, de viande et d'autres produits
contre des outils en métal, de la ficelle et des produits venus
d'Europe.